mercredi 5 octobre 2016

Les apprenants du 21e siècle


Est-ce que les étudiants et leur manière d’apprendre a changé ? Est-ce que l’université est capable de s’adapter aux apprenants du 21e siècle ?

Aujourd’hui nous nous questionnons sur les étudiants et leur manière d’apprendre qui semble être changés. À la rigueur, je crois qu’il faut se rendre à l’évidence qu’au fur et à mesure que la société évolue les caractéristiques, les besoins d’une population changent. De ce fait, les caractéristiques des étudiants et leur manière d’apprendre changent évidemment (Prensky, 2001 et Wesh, 2007). Les textes de Pageau et Bujold (2000), Prensky, 2001 et la vidéo de Wesh, 2007 résument clairement certaines réalités des étudiants d’aujourd’hui qui n’étaient pas les mêmes hier. Ce qui, à mon avis, est tout à fait cohérent.
Avec la place qu’occupe la technologie dans la vie des étudiants d’aujourd’hui, il faut s’avouer que de plus en plus la dynamique d’apprentissage n’est plus la même. Cependant, il revient tout de même de se demander si l’université est capable de s’adapter aux apprenants du 21e siècle ?
D’une part, je pense que oui, l’université est capable de s’adapter aux apprenants du 21e  siècle en réaménageant la méthodologie et le contenu de l’enseignement, c’est-à-dire en acceptant de communiquer dans la langue et le style des étudiants, (Prensky, 2001) tout en respectant sa mission de transmettre un savoir. Certainement, elle répondra aux attentes et aux besoins d’apprendre des étudiants. Elle contribuera à la revalorisation de la profession. Cette forme d’enseignement actualisé permettra aux étudiants de maîtriser progressivement les exigences concrètes de l'enseignement et d'intégrer les diverses composantes de leur formation.
D’autre part, quoique je pense que l’université soit capable de s’adapter aux apprenants du 21e siècle, la gouvernance et l’administration universitaire semblent être des enjeux qui laissent croire que l’enseignement n’est plus ce qu’il était. Le déséquilibre dans la tâche des professeurs, le besoin constant de se comparer les unes des autres (les universités), ce sentiment de victimes de sous financement (Dyke et Deschenaux, 2008), remettent en question la capacité de l’université à s’adapter vraisemblablement aux apprenants du 21e siècle. Je me permets d’avancer que, dans un tel système de gouvernance et d’administration où le savoir est considéré comme une marchandise à fournir à des clients (Dyke et Deschenaux, 2008), le besoin d’apprendre autrement des étudiants ne sera pas pris en compte dans toute son ampleur. Aussi, le recrutement pour enseigner peut présenter des difficultés qui découleront principalement du manquement (nouvelles connaissances technologiques) au niveau de la ressource humaine compétente dans le domaine.
Somme toute, malgré la bonne volonté de l’université de vouloir s’adapter aux apprenants du 21e siècle, les enjeux semblent majeurs et les solutions trop théoriques.

S’il est évident de s’adapter aux apprenants du 21e siècle, cette transformation dans l’enseignement, est-elle dans le meilleur intérêt de tous (apprenants, professeurs, administrateurs)?

Dyke, N et Deschenaux, F. (2008). Enquête sur le corps professoral québécois. Faits saillants et questions. Montréal :

Pageau, D. et Bujold, J. (2000). Dis-moi ce que tu veux et je te dirai jusqu'où tu iras : les caractéristiques des étudiantes et des étudiants à la rescousse de la compréhension de la persévérance aux études : analyse des données des enquêtes ICOPE : 1er volet : les programmes de baccalauréat. Québec : Université du Québec à Québec, Direction du recensement étudiant et de la recherche institutionnellehttp://www.uquebec.ca/dreri-public/Rapport_detaille_bac.pdf

Prensky, M. (2001). Digital Natives, Digital Immigrants. On the Horizon, 9(5), 1-6. http://www.marcprensky.com/writing/Prensky%20%20Digital%20Natives,%20Digital%20Immigrants%20-%20Part1.pdf

Wesch, M. (2007). A Vision of Students Today. Récupéré du site YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=dGCJ46vyR9o



De D.J

1 commentaire:

  1. Je crois qu'à long terme, l’adaptation sera bénéfique pour tous. Comme je le disais dans mon billet, selon Giordan (1998), il est important pour avoir des résultats optimaux dans l’apprendre que l’enseignant rejoigne l’apprenant sur son terrain. Et pourquoi ne pas utiliser les TIC pour s’y aider. De l’autre côté, les apprenants ont aussi un devoir d’acceptation face à ce que Prensky (2001) appelle le « Legacy content » (contenu héritage). Certains argueront qu’il est du devoir et de la responsabilité de l’enseignant de rendre ce contenu fondateur attrayant, mais il n’en demeure pas moins qu’il est essentiel à la compréhension du présent, peu importe la discipline d’enseignement.

    Quant à la transformation des institutions, bien que difficile et ardue, elle est essentielle. Dyke et Deschenaux (2008) explique très bien les difficultés majoritairement financières auxquelles font faces les universités quant au renouvellement du corps professoral, aux processus fonctionnelles (gouvernance et tâches professorales versus équilibre et conditions de travail) et aux modes de financement de la recherche.

    Par contre, je ne suis pas d’accord lorsque vous mentionnez que Dyke et Deschenaux (2008) avancent que « dans un tel système de gouvernance et d’administration où le savoir est considéré comme une marchandise à fournir à des clients, le besoin d’apprendre autrement des étudiants ne sera pas pris en compte dans toute son ampleur ». Au contraire, ils expliquent le sentiment exprimé par certains professeurs qui déplorent « l’anti-intellectualisme des étudiants qui s’attendent à avoir des notes élevées sans fournir les efforts nécessaires » ainsi que l’intériorisation du clientélisme « chez certains étudiants qui perçoivent leurs professeurs comme des fournisseurs de services. » (p. 32). En ce sens, il est du devoir des institutions de s’assurer que les étudiants comprennent qu’en poursuivant des études supérieures, c’est avant tout satisfaire un besoin de curiosité intellectuelle. Comme l’explique bien Dyke et Deschenaux (2008) « les professeurs voudraient renverser cette tendance [de clientélisme] pour que l’université reprenne contact avec sa mission de formation d’esprits libres et critiques » (p. 8).

    Bibliographie
    Dyke, N et Deschenaux, F. (2008). Enquête sur le corps professoral québécois. Faits saillants et questions. FQPPU, Montréal. Consulté le 27 septembre 2016. http://fqppu.org/assets/files/ themes/corps_professoral/rapport_ccp_dyke_deschenaux_novembre_2008.pdf

    Giordan, André. (1998). Apprendre! Paris : Éditions Belin.

    Prensky, M. (2001). « Digital Natives, Digital Immigrants ». On the Horizon. Vol. 9, no 1. P. 1-6.

    RépondreEffacer