jeudi 27 octobre 2016

Apprendre

Suite aux différentes lectures portées sur les théories de l’apprentissage tels le behaviorisme, le cognitivisme et le constructivisme (Tardif, 1997; Jonnaert, 2006; Ertmer et Newby, 2013; Ménard et St-Pierre, 2014), j’avance qu’Apprendre est un terme qui selon plusieurs auteurs a divers sens. Selon les tenants de l'approche constructiviste  « Apprendre c'est construire et organiser ses connaissances par son action propre. C'est -à dire, apprendre constitue un processus individuel. Pour se faire, l'apprenant a souvent besoin d'interagir avec son milieu ». Dans un processus socioculturel, Poteaux (2003) abonde en ce sens pour dire qu'« Apprendre c'est d'abord agir et interagir avec son environnement, et pour les humains, dans un milieu social et culturel qui en donne les motifs, les raisons et les moyens ».
Dans un processus de transformation, l'approche cognitive considère l'apprentissage essentiellement comme un processus de traitement de l'information qui est de nature affective et cognitive.
Inspiré du béhaviorisme, l’apprentissage est vu comme la mise en relation entre un évènement provoqué par l'extérieur (stimulus) et une réaction adéquate du sujet, qui cause un changement de comportement qui est persistant, mesurable, et spécifique ou permet à l’individu de formuler une nouvelle construction mentale ou réviser une construction mentale préalable.
Selon moi ces textes résument une réflexion sur l'apprendre et les modalités de l’enseignement. Tout compte fait, l’apprentissage en enseignement peut donner lieu à une expérience. Je prends l’exemple des propos de Glasersfeld (1994) « l’enfant qui a apprivoisé l’usage de la cuillère peut tenter d’utiliser la fourchette qu’on lui présente, de la même manière. » L’enfant utilise, donc, la connaissance de la manière de tenir la cuillère pour tenir la fourchette. Il s’agit d’un transfert de connaissance qui est relié d’une théorie à la pratique. En effet, l'intérêt à ce que l'on a besoin d'apprendre est très important.
L’apprentissage à l’origine du constructivisme m’interpelle dans le sens que je crois que l’apprenant à travers les connaissances acquises construit son savoir, son évolution se fait à partir de son expérience vécue.
Dans le cadre de mon enseignement où les cours sont reliés aux stages, je me permets de dire qu’en entrant en relation avec l’environnement (milieux de stage), l’apprenant élargit son expérience et fait une intériorisation du savoir. Ce qui rejoint la théorie de Vygostky (Bodrova, 2007), les meilleures conditions à l’apprentissage sont dans la zone de développement proximale de l’apprenant et résident dans l’équilibre du connu vers l’inconnu.
Mon vœu le plus cher c’est que mon enseignement soit significatif. J’entends par significatif le souci de prévoir des stratégies visant à rendre mes apprenants actifs.


 Références


Bodrova, E. et Deborah L. (2007). Tools of the mind : the Vygotskian approach to early childhood education, 2nd. Upper Saddle River, N.J.: Pearson/Merrill Prentice Hall, xix, 235 p.  

Ertmer, P.A. et Newby, T.J. (2013) Behaviorism, Cognitivism, Constructivism :   comparing Critical Features from an Instructional Design Perspective. Performance Improvement Quarterly, 26(2), 43-71.

Joannert, P. (2006) Constructivisme, connaissances et savoirs. Transfert, 3, 5-9.

Ménard, L. et St-Pierre, L. (2014). Paradigmes et théories qui guident l’action. Dans Se former en pédagogie de l’enseignement supérieur (pp.17-34). Montréal : Collection PERFORMA AQPC.

Poteaux, N. (2003). L’autoformation à l’université : de quelques éléments dialectiques. In Albero, B., Autoformation et enseignement supérieur. Paris, Hermès, p.131-140.

Tardif, J. (1997) La construction des connaissances. Pédagogie collégiale, 11(2), 14-19.   


mercredi 5 octobre 2016

Les apprenants du 21e siècle


Est-ce que les étudiants et leur manière d’apprendre a changé ? Est-ce que l’université est capable de s’adapter aux apprenants du 21e siècle ?

Aujourd’hui nous nous questionnons sur les étudiants et leur manière d’apprendre qui semble être changés. À la rigueur, je crois qu’il faut se rendre à l’évidence qu’au fur et à mesure que la société évolue les caractéristiques, les besoins d’une population changent. De ce fait, les caractéristiques des étudiants et leur manière d’apprendre changent évidemment (Prensky, 2001 et Wesh, 2007). Les textes de Pageau et Bujold (2000), Prensky, 2001 et la vidéo de Wesh, 2007 résument clairement certaines réalités des étudiants d’aujourd’hui qui n’étaient pas les mêmes hier. Ce qui, à mon avis, est tout à fait cohérent.
Avec la place qu’occupe la technologie dans la vie des étudiants d’aujourd’hui, il faut s’avouer que de plus en plus la dynamique d’apprentissage n’est plus la même. Cependant, il revient tout de même de se demander si l’université est capable de s’adapter aux apprenants du 21e siècle ?
D’une part, je pense que oui, l’université est capable de s’adapter aux apprenants du 21e  siècle en réaménageant la méthodologie et le contenu de l’enseignement, c’est-à-dire en acceptant de communiquer dans la langue et le style des étudiants, (Prensky, 2001) tout en respectant sa mission de transmettre un savoir. Certainement, elle répondra aux attentes et aux besoins d’apprendre des étudiants. Elle contribuera à la revalorisation de la profession. Cette forme d’enseignement actualisé permettra aux étudiants de maîtriser progressivement les exigences concrètes de l'enseignement et d'intégrer les diverses composantes de leur formation.
D’autre part, quoique je pense que l’université soit capable de s’adapter aux apprenants du 21e siècle, la gouvernance et l’administration universitaire semblent être des enjeux qui laissent croire que l’enseignement n’est plus ce qu’il était. Le déséquilibre dans la tâche des professeurs, le besoin constant de se comparer les unes des autres (les universités), ce sentiment de victimes de sous financement (Dyke et Deschenaux, 2008), remettent en question la capacité de l’université à s’adapter vraisemblablement aux apprenants du 21e siècle. Je me permets d’avancer que, dans un tel système de gouvernance et d’administration où le savoir est considéré comme une marchandise à fournir à des clients (Dyke et Deschenaux, 2008), le besoin d’apprendre autrement des étudiants ne sera pas pris en compte dans toute son ampleur. Aussi, le recrutement pour enseigner peut présenter des difficultés qui découleront principalement du manquement (nouvelles connaissances technologiques) au niveau de la ressource humaine compétente dans le domaine.
Somme toute, malgré la bonne volonté de l’université de vouloir s’adapter aux apprenants du 21e siècle, les enjeux semblent majeurs et les solutions trop théoriques.

S’il est évident de s’adapter aux apprenants du 21e siècle, cette transformation dans l’enseignement, est-elle dans le meilleur intérêt de tous (apprenants, professeurs, administrateurs)?

Dyke, N et Deschenaux, F. (2008). Enquête sur le corps professoral québécois. Faits saillants et questions. Montréal :

Pageau, D. et Bujold, J. (2000). Dis-moi ce que tu veux et je te dirai jusqu'où tu iras : les caractéristiques des étudiantes et des étudiants à la rescousse de la compréhension de la persévérance aux études : analyse des données des enquêtes ICOPE : 1er volet : les programmes de baccalauréat. Québec : Université du Québec à Québec, Direction du recensement étudiant et de la recherche institutionnellehttp://www.uquebec.ca/dreri-public/Rapport_detaille_bac.pdf

Prensky, M. (2001). Digital Natives, Digital Immigrants. On the Horizon, 9(5), 1-6. http://www.marcprensky.com/writing/Prensky%20%20Digital%20Natives,%20Digital%20Immigrants%20-%20Part1.pdf

Wesch, M. (2007). A Vision of Students Today. Récupéré du site YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=dGCJ46vyR9o



De D.J

lundi 19 septembre 2016

L’enseignement moderne peut-il remplacé l’enseignement traditionnel?

Le rapport au savoir étant marqué par l’histoire des sociétés, nous incite à nous questionner sur l’ère de la technologie qui nous invite à l’enseignement moderne.  
Lévy (1997) décrit que dans les sociétés d’avant le rapport au savoir était lié à la transmission orale de génération en génération, ce qui rejoint la façon de faire de toute une société qui transmettait un savoir de père en fils. De plus, le plus vieux d’une famille était considéré comme étant un « sage », un « savant », un « transmetteur de savoir ».
Au fil du temps, ce rapport au savoir laisse place à l’écriture et au livre, qui deviennent les emblèmes de savoir, de connaissance.
Bien plus tard, le rapport au savoir lié à la transmission orale, à l’écriture et au livre fait place à la bibliothèque; une tête bien pleine.
Aujourd’hui le rapport au savoir est lié à la médiatisation des technologies d’apprentissages (TICs). Ce qui amène un changement de paradigme dans la transmission du savoir.
Depuis des siècles, l’enseignement en présentiel (magistral) est le mode connu et utilisé par la totalité des enseignants. Ces derniers sont responsables du contenu de leur cours et assument leur fonction d’enseignement autour des procédés (horaire, salle de cours…), définis par leur institution. L’apprentissage se fait via un livre. Par ailleurs, les apprenants d’aujourd’hui supportent de moins en moins ce type d’enseignement dit rigide, Marchand (1998).  
Pour rendre l’enseignement plus interactif, l’enseignement d’aujourd’hui se veut médiatiser. Ce qui contraint les enseignants à modifier leurs approches pédagogiques, à apprendre et à maitriser les nouvelles technologies. Il revient à se demander si les enseignants, les institutions d’enseignements actuels sont prêts à ce changement de paradigme? Pour rejoindre Marchand (1998), s’allier à cette révolution technologique que vit la société actuelle est une adaptation en soi, car cela demande d’en faire l’attribution et de s’ouvrir à cette éducation moderne. Il revient à dire que l’adaptation de l’enseignement au contexte moderne semble être une réponse au besoin de certains apprenants qui trouvent l’accessibilité au savoir rapide et immédiat par la navigation des technologies.
Il est évident de se questionner sur ce changement de paradigme, puisque plusieurs chercheurs, défenseurs de cette éducation moderne, tel que Myrdal, (1994) avance que les avantages l’emportent sur les inconvénients. Ces technologies permettent une démocratisation de l’enseignement, une flexibilité et une transparence du processus éducatif. Pour citer Marchand (1998) : «  ces technologies amènent de nouvelles façons de penser, de communiquer, d’élaborer les savoirs, elles font appel au raisonnement, à la connaissance par exploration, à la simulation, à la résolution de problèmes. Elles obligent à développer de nouvelles habiletés sociales comme l’autonomie, la communication avec d’autres apprenants, la collaboration, l’échange d’informations, le travail collaboratif, …, les essais et erreurs en groupe, ... Elles favorisent le développement de compétences d’autoapprentissage. »
Il convient de dire que l’enseignement moderne permet aux apprenants de s’engager dans leur apprentissage, de chercher à se représenter l’enseignement et à lui en donner un sens, afin de s’engager dans une démarche « d’apprendre à apprendre ». Toutefois, il faut se rendre à l’évidence que l’enseignement traditionnel n’est pas prêt à disparaître. 
Lévy, Pierre. (1997).  Cyberculture. Éditions Odile Jacob, Paris.

Marchand, Louise. (1998).  Un changement de paradigme pour un enseignement universitaire moderne. dans DistanceS, vol. 2, n 2, p. 7-26 Automne.
source Internet :
http://cqfd.teluq.uquebec.ca/Activites/DistanceS/dist_ant_/Vol2N2/vol2n2.html

Myrdal, S. (1994). « Teacher Education On-Line : What Guets lost in Electronic communication ? ». In Educationnal Media International, vol. 31 n1 p46-52 March.





De D.J